mercredi 21 décembre 2011

Volé au célèbre chat de Philippe Geluck bien sûr
Je suis en vacances ce soir. J'ai un gros rhume. Les deux filles sont à la maison. Il pleut de la neige ou il neige de la flotte. Mon sapin est beau, pour une fois je l'ai trouvé tout de suite sans hésiter, c'était le plus régulier et le plus droit. Normalement mon cher et tendre ne s'énerve que quand il fixe des tringles à rideaux et quand il installe le sapin dans son pied à Noël. Et bien là même pas, fixé en deux minutes, incroyable.
A part ça on s'oriente vers un Noël "normal" dans ma belle-famille, il semble que mes belles-soeurs aient rengainé la kalachnikov. Cette faculté de faire semblant m'étonnera toujours. Mais merveille des merveilles, O. a annoncé qu'il n'était pas du tout sûr qu'on soit là à Noël prochain. Ça fait quand même 24 ans qu'on est coincés le jour de Noël et là il semble qu'une porte s'ouvre. Comme quoi il ne faut pas désespérer. Lui espère qu'on ira aux États-Unis voir notre fille aînée qui devrait y passer l'année prochaine. On verra, mais rien que de savoir qu'il envisage enfin de ne pas être dans sa famille à Noël me remplit de joie.
L'ambiance au boulot était décontractée ces derniers jours, causette, tisanes et gâteaux lors des pauses. Et dans une heure, on ferme ! Alors bonnes fêtes à tous et à toutes et à bientôt sûrement.

mercredi 14 décembre 2011

Quoi de neuf ? Rien à vrai dire. Ou alors du moche peut-être. Un étudiant de 21 ans mort d'une leucémie la semaine dernière. Un qui s'est pendu ce weekend. Oui je sais, je sens que je plombe un peu l'ambiance, excusez-moi.
Sinon on prépare Noël, sonnez hautbois raisonnez musettes. Sauf qu'il pleut avec plein de vent, on se croirait plus à la Toussaint. Sauf que mes belles-soeurs sont en plein psychodrame familial et qu'on ne sait pas trop si on ira dans la belle-famille pour Noël, ou peut-être avec un gilet pare-balles au cas où. Notez bien que ça m'arrangerait plutôt, je ne suis pas folle des réunions familiales si l'ambiance n'y est pas.
Nous avons passé le weekend à Strasbourg chez mon frère aîné, ça m'a fait plaisir. Pas toujours facile de créer des liens avec quelqu'un qui a dix ans de plus et est parti étudier quand vous aviez huit ans, mais il y a des âges de la vie où l'écart s'estompe. C'est un être charmant que j'ai involontairement blessé en choisissant mon autre frère comme témoin à mon mariage. Pas réfléchi une seconde, pas vu que j'avais deux frères, juste pensé à mon frère tellement jumeau malgré ses huit ans de plus que moi, celui qui habite outre-atlantique. La bourde grosse comme une maison qui a dû mettre quelque chose comme quinze ans pour m'apparaître un jour en pleine face.
Sinon ma mère a eu 89 ans lundi. Elle a reçu des mails de ses petits enfants sur son Ipad, oui parce qu'elle a un Ipad. Et bizarrement elle l'adore, j'étais sûre que c'était une très mauvaise idée mais elle l'aime. Merci Steve Jobs. D'ailleurs elle va à Paris demain et va en profiter pour passer dans un Appl*store pour se faire expliquer deux-trois petits trucs, elle a vite compris le concept de ce genre de magasin où on peut tout tripoter en se faisant conseiller si besoin.
Les vacances approchent, les filles vont rentrer à la maison, je vais quand même aller chercher ce foutu sapin, on va manger plein de petites choses délicieuses et on annonce la neige pour la fin de la semaine. De vieux amis doivent venir nous voir après les fêtes, on va refaire quelques pièces de la maison, nous partirons un peu chercher la douceur en février... Alors oui finalement, c'est une période agréable qui s'annonce.

vendredi 2 décembre 2011


Hier, en me promenant d'un blog à l'autre, je suis tombée sur un joli article qui célébrait le charme de Belle-Île-en-Mer. Et ça m'a rappelé à quel point j'ai détesté cet endroit lorsque j'y ai séjourné.
Ce que j'en retiens surtout, c'est l'enfermement. Oui parce que quand on va à Belle-Île-en-Mer avec sa voiture en été, il faut réserver la traversée à l'aller et au retour. Et pour quelqu'un comme moi toujours irrésistiblement attiré par la fuite et le départ impromptu, c'est terrible de se sentir coincé sur ce petit bout de terre où il n'y a rien à faire. Impossible de décider de se barrer n'importe quand, le bateau est complet et il faut attendre la date de retour prévue pour pouvoir fuir. En plus, j'ai trouvé les gens d'un snobisme affligeant et les commerçants peu accueillants.
J'admets que je ne suis pas forcément très objective. Je me souviens très bien de l'endroit où j'étais sur cette foutue île quand d'une seconde à l'autre, je me suis sentie nauséeuse. Ce n'était pas le mal de mer, c'était la gastro morbihannaise. En plus il a fait un temps moyen. Nous étions avec ma sœur , ses trois filles et son mari lui-même accompagné d'un frère flanqué de sa femme. Cette fille adorait l'eau, avait de longs cheveux qui volaient au vent, était sportive et joliment hâlée. Je me suis sentie moche et blanche à-côté d'elle pendant tout le séjour. On se demande bien pourquoi d'ailleurs, je suis en principe au plus fort de mon charme magnétique quand j'ai une gastro. Cette histoire date de longtemps maintenant, mais j'avoue que j'ai dû réprimer un léger sourire quand j'ai appris que cette fille avait complètement pété les plombs depuis. Cette magnifique façade sportive, équilibrée et 100%  bio dissimulait quelque chose de moins idyllique. 
Je me demande bien pourquoi j'écris aujourd'hui ce billet revanchard sur une malheureuse  île qui ne m'a rien fait. Je crois juste que Belle-Île m'était restée en travers quelque part sans que je m'en rende compte.
Ça y est, j'ai craché mon venin, ça va mieux. On va où aux prochaines vacances, à part dans le Morbihan ?

samedi 12 novembre 2011


Pour moi, passer une journée à Paris, c'est comme passer une journée à la campagne pour un Parisien, ça me requinque. Donc jeudi matin, après un sprint pour arriver à choper mon train (6h24, c'est inhumain), me voici dans le TGV. Arrivée à Paris, je ne peux même pas accéder au quai du métro tellement il y a de monde. Normal, il y a des pannes sur la ligne et le trafic est ralenti. Je laisse passer un métro puis applique le principe que ma plus jeune fille nous a enseigné dans le métro de Londres, "on bourrinne". Donc je fais comme les autochtones, je tasse jusqu'à entrer dans la rame et je tiens debout grâce à tous ceux qui m'entourent et m'empêchent de bouger d'un millimètre. La fille devant moi a mangé de l'ail. Quelques stations plus loin, ça se vide très légèrement, juste assez pour qu'un coup de frein brutal entre deux stations me fasse atterrir sur les genoux d'une dame qui semble être Éthiopienne et me sourit lorsque je m'excuse.
Finalement je sors du métro et m'engage dans la rue de mon ministère préféré, où une réunion m'attend. Il fait un temps magnifique, j'aperçois le haut du Panthéon qui se détache sur le ciel bleu. En passant devant le commissariat du 5ème (celui d'Adamsberg dans les Fred Vargas), je vois une fille de la police scientifique en train de chercher des empreintes sur une voiture. Elle a la petite houppette comme dans les polars et applique le même geste circulaire du poignet que dans "Les experts".
Au ministère, le cadre est magnifique mais les toilettes n'ont pas été rénovées depuis les années Giscard au moins. Le ministre ne doit pas utiliser les mêmes que moi. Nous avons droit à un speech du Directeur de je ne sais plus quoi qui nous remercie de notre travail et nous rappelle à quel point les journalistes sont parfois malveillants. Au cas où j'aurais oublié que ces hauts fonctionnaires sont nommés par le gouvernement, ça me revient à la mémoire. Puis la réunion plus technique commence.
Pause de 12h30 à 14h, je déjeune avec ma fille qui habite le quartier. Nous allons dans son QG près du panthéon, une brasserie pleine d'étudiants. Pas loin de nous sont assises deux filles qui semblent sorties de "Gossip girl". La plus frappante est très grande, très mince, très blonde, vêtue d'une mini robe de velours noir à manches courtes. On voit que le lycée Henry IV n'est pas loin, chez moi les lycéennes ou les étudiantes n'ont pas cet air de bourgeoisie assumée. En temps normal ça me hérisse, là je trouve ça exotique.
Retour en réunion l'après-midi, puis ma fille revient m'attendre à 16h et nous nous promenons en papotant. Elle me prend le bras tandis que nous marchons, j'adore ces moments partagés avec elle. En arrivant vers le Châtelet, nous nous arrêtons dans un café pour prendre un verre. Il y a beaucoup de circulation, nous voyons passer une Rolls avec chauffeur, des policiers font la circulation. Mais comme les baies vitrées de notre café nous isolent du bruit, nous regardons ce spectacle dans une tranquillité ouatée.  
Finalement ma fille me met dans le bus, j'arrive en avance à la gare de l'Est où je regarde les quelques boutiques en attendant mon train. Puis nous partons, je m'isole du reste du monde en relisant "Enfance" de Nathalie Sarraute pour la énième fois.


mercredi 9 novembre 2011


Ma voisine d'en face est une carpe. Enfin je veux dire la jeune collègue qui est avec moi le matin. Entendons-nous bien, je n'aime pas les gens trop bavards et j'aime travailler dans le calme. Mais elle, c'est quelque chose. Je crois que c'est parce qu'il ne se passe pas grand-chose dans son cerveau. Encéphalogramme plat, finalement c'est peut-être mieux que le mien qui frisotte parfois. Et puis elle a d'autres problèmes, on ne peut pas tout avoir.
Je crois malheureusement que c'est un dommage collatéral de ce problème cardiaque qu'elle a depuis toujours. A force d'être couvée, personne ne l'a jamais encouragée à se dépasser intellectuellement et elle se contente de végéter en faisant le minimum de boulot. Elle a eu la chance d'être intégrée dans la fonction publique grâce à un dispositif d'aide aux jeunes sans diplôme et elle en profite. C'est un peu triste. Surtout pour elle, parce que je ne peux pas vraiment lui confier de travail intéressant, elle n'a aucune curiosité, fait une faute à chaque mot et ne me dit pas quand elle a terminé, sans doute pour que je ne lui donne rien d'autre. 
En même temps je comprends bien que son enfance n'a pas dû être amusante et que tous les parents n'ont pas la force de caractère de pousser leur enfant à se dépasser, quel que soit son problème. Et je ne porte aucun jugement, ne serait-ce que parce que je ne sais vraiment pas si j'aurais fait mieux.
Mais bon ce n'est pas grave, au moins elle a un travail et peut-être qu'elle évoluera avec le temps. En attendant demain je vais en réunion à Paris, chouette alors, j'adore sortir de mon bocal. Et j'ai la chance que ça se passe tout près de chez ma grande, je pourrai sûrement la voir. 
A part ça mon jeune Congolais m'a demandée en amie sur fac*book, j'ai fait une exception à mon principe de ne jamais accepter d'étudiants et j'ai dit oui. Il passe me voir de temps en temps, c'est sympa. 
Voilà, c'était en direct de Plouc-city la petite vie passionnante d'Hermione au boulot ! 

mercredi 2 novembre 2011

Merci !

Merci à Berthoise (dont je sais maintenant le prénom mais je ne l'avouerai que sous la guillotine) pour le gentil cadeau qu'elle m'a envoyé. D'abord ma boite aux lettres embaumait la lavande dès que je l'ai ouverte, puis j'ai découvert le petit sachet de lavande incroyablement odorant et devinez quoi... un chouette rond de serviette !
D'accord j'ai triché parce que j'ai joué deux fois, m'en fous d'abord parce que je suis contente. Et je précise pour ceux que ça intéresse (personne vraisemblablement) que si je m'appelle Hermione, c'est plus à cause d'Andromaque que de Harry Potter même si j'aime les deux.
Ici on voit nettement que ma pile est bancale et que le chat est entré dans mon armoire...
... et là on voit que les serviettes de table que j'ai achetées pour Noël dernier sont clinquantes, mais tout le monde les a adorées !

samedi 29 octobre 2011

Parce que je suis une impulsive, une impatiente, une qui agit avant de réfléchir, une qui prend la patée au Master Mind , voilà pourquoi je suis si contente d'avoir gagné au jeu de Berthoise  ! D'accord le mérite est petit, mais ça me donne le sourire :D

jeudi 27 octobre 2011


Moi aussi je veux partir. Monter dans un avion et aller découvrir autre chose. Pas toute seule, je suis une aventurière aux petits pieds. Mais quand je vois les lignes blanches tracées dans le ciel par les avions, je rêve. Et je demande "à ton avis, il va où celui-là ?". Avant, il me répondait à Munich, à Londres ou à Bruxelles. Mais il a compris que ça ne me faisait pas assez rêver, alors maintenant il dit qu'ils vont à Copenhague, à Madrid, à Montréal ou à San Francisco. Alors je souris et je regarde le petit point qui avance dans le ciel.
J'aime être là où personne ne me connaît, toute neuve. Je me sens libre, jeune, insouciante. Je ne suis plus dans la case qu'on m'a assignée dans ma petite ville. Je peux courir après les pigeons, pousser des cris de souris quand il me chatouille dans la rue, mettre mon chapeau de soleil que j'ai décoré de petites fleurs et de badges variés, être moi sans craindre de croiser une collègue au cul pincé ou la pharmacienne.
Je veux partir. Je sais qu'on ira passer le Nouvel An chez ma nièce en Allemagne. C'est un début, je suis contente. Les panneaux d'autoroute n'ont pas la même couleur, la nourriture est différente, la langue aussi bien sûr, rien que ça suffit à me mettre en joie. 
Après on verra. Mais pour cet été, je rêve d'un grand oiseau qui s'envole.



lundi 24 octobre 2011

Ce soir, c'est raclette et Forêt Noire. Et toc. Et s'il a encore faim, je lui propose un irish coffee avec double crème. Pourquoi tant de haine me direz-vous ? Parce que j'en ai marre que mon cher et tendre époux soit jeune et beau.
Je m'explique : chaque fois qu'il dit son âge, et encore plus quand il dit l'âge de ses enfants, tout le monde pousse des cris en disant qu'on ne croirait jamais qu'il a 49 ans, qu'il fait beaucoup plus jeune, j'en passe et des meilleures. Apparemment les gens s'attendent à le voir pouponner et aller chercher les enfants chez la nounou. De préférence les jeunes collègues bien intentionnées. Je vais leur faire écouter Brigitte moi (le groupe, pas la blogueuse) et leur chanter "La vengeance d'une louve". Car sa fille aînée a 23 ans et la petite a 20 ans. Sevrées, propres, sachant pratiquement lire et écrire, un peu comme des jeunes adultes quoi.
Et moi, j'ai l'air de quoi ? D'accord ma maman me présente en disant "voici ma petite dernière", d'accord mon frère m'appelle "kid sister", mais eux ce n'est pas pareil, ils ne m'ont pas vue grandir. Mais si j'ai l'air de faire deux jours de moins que mon âge, c'est tout le bout ! Si ça continue, je vais avoir l'air d'une cougar qui s'offre un petit jeune, on va m'appeler Amanda Lear.
En attendant, si j'ai le malheur de lui parler de ça, il fredonne que "la petite pisseuse d'en face peut bien aller se rhabiller" et qu'il n'aime que moi.
Finalement, je vais peut-être changer le menu de ce soir, tant pis s'il reste jeune et beau.

jeudi 13 octobre 2011


Tu es jeune, tu habites avec ta famille dans un pays chaud et plein de soleil. D'accord ce n'est pas le paradis, le climat politique est parfois tendu et ton avenir n'est pas forcément sans nuage, surtout si tu ne connais pas les bonnes personnes ou n'appartiens pas à la bonne ethnie.
Alors tu décides d'aller étudier en France, parce que là-bas les diplômes valent quelque chose, tu auras un poste intéressant quand tu reviendras au pays. Mais en attendant tu débarques à Paris - après la rentrée parce que tu n'as pas pu avoir de vol avant. Ton frère ou ton cousin viennent te chercher, ils ont fait le même chemin que toi quelques années auparavant et ils vont t'aider. Ils t'accompagnent jusqu'au bled improbable dans lequel tu as été accepté. Avant de repartir, ils t'aident à trouver les papiers que tu cherches dans la pochette où tu as casé toute ta vie, tes diplômes, ton passeport avec ton visa, les courriers divers et tu t'inscris à l'université. Sauf que tu n'as pas encore de compte bancaire et que tu ne peux pas payer. Donc tu es autorisé à aller en cours mais tu dois revenir régler dès que ton compte est ouvert.
Le dernier que j'ai vu s'appelle Cyr, il arrive du Congo et a un studio dans lequel il n'y a rien je crois. Il avait un matelas gonflable sur lequel il n'arrivait pas à dormir et qu'il a finalement dégonflé. Je lui ai avancé un peu d'argent pour qu'il aille profiter d'une promo sur les matelas à 35 euros au discount du coin, en essayant de lui faire comprendre sans avoir l'air de lui faire l'aumône que ce n'était pas grave s'il ne remboursait pas. Quelques jours plus tard, je lui ai demandé s'il voulait une couette et il a dit oui tout de suite, il avait crevé de froid le dimanche d'avant. Et là je me dis qu'il n'a encore rien vu, parce qu'il a devant lui tout un automne et tout un hiver bien pourris comme on sait les faire dans ma région.
Avec une collègue, en plus de  deux couettes, on a trouvé des draps, des serviettes et un oreiller à lui filer. Achetés aux frais de l'université pour des profs à une époque où ceux qui venaient de loin pouvaient bénéficier de chambres meublées douillettement. Pratiquement rien n'a jamais été utilisé, les draps sont encore rugueux, tout neufs. Je lui ai apporté une double plaque de cuisson qui était à ma fille et dont elle n'a plus besoin. Quand je pense à mes deux filles étudiantes confortablement installées dans un studio tout confort avec les parents prêts à faire un virement au moindre problème, je sens comme un décalage un peu gênant.
Je suis triste pour tous ces étudiants africains. Le billet coûte 2000 euros et ils ne rentrent pas chez eux de toutes leurs études. Ils ne trouvent pas de job d'été parce dans mon coin, il y a très peu de Noirs et les commerçants craignent que ça fasse mauvais effet auprès de la clientèle. Ils ont du mal à trouver un stage d'études pour les mêmes raisons.
Et en plus il fait froid...

lundi 3 octobre 2011


J'y pense et puis j'oublie. Je me dis "je vais faire un billet sur ça" et puis je ne fais rien. Par exemple j'ai commencé à prendre en photo ce que je vois depuis la fenêtre de mon bureau, parce que ça m'a surprise au début. Je vois des toilettes. Un joli préfabriqué bleu juste en face de ma fenêtre, parce qu'il y a des travaux sur le toit et que les ouvriers peuvent en avoir l'utilité. Je les appelle les toilettes de Madame Solis, pour ceux qui regardent les Desperate housewifes et se souviennent de l'épisode où Eva Longoria va piquer des toilettes sur un chantier.
J'ai aussi photographié la grande roue de la fête foraine qui a lieu à deux rues de mon boulot et dure trois semaines. J'aimerais réussir à rendre le bruit, la beauté des manèges, l'odeur des gaufres et les cris des filles échevelées dans les nacelles qui leur mettent la tête en bas.
Et aussi, je me suis dit que j'allais lister mes très bons souvenirs, ceux qui marquent à vie. Donc j'y réfléchis avant de m'endormir, j'en ai déjà quelques uns mais je crois qu'après je m'endors parce que je n'ai pas toute la liste.
Je pense aussi écrire un billet sur ma mère, qui est une sacrée féministe mais ne le sait pas. Elle est pleine de contradictions très marrantes, elle énonce parfois des idées reçues sans réaliser qu'elle a toujours vécu un peu en rebelle, ou du moins en précurseuse (c'est moche mais je ne peux pas parler de féminisme en laissant "précurseur" au masculin. Ou précurseure, comme professeure ?). Non c'est vraiment trop moche, on va dire avant-gardiste, ça fait bien et ça contourne le problème.
Tout cela ne nous aide pas beaucoup, je commence à être une habituée du fourre-tout, moi qui aime habituellement l'exercice de rédaction. Deviendrais-je flemmarde ? Ou tout simplement en panne d'inspiration ? Ou d'envie ?

vendredi 16 septembre 2011


Je ne travaille pas le vendredi après-midi, donc j'en profite pour faire les courses de la semaine, aller à la gym, me faire donner un coup de peigne chez mon coiffeur et passer voir ma mère. Et si j'ai le temps, je prépare des petits plats à l'avance et je les congèle.
En fait non. Cet après-midi par exemple, j'ai commencé par stagner un moment devant l'ordinateur à ne rien faire d'intéressant. Ensuite je me suis secoué les puces pour aller (en voiture) faire quelques courses en ville.Puis je suis rentrée et j'ai lu un hebdomadaire confortablement installée sous la couette, ce qui fait que je me suis endormie. Et à mon réveil, je me suis accordé un rocher Such*rd au chocolat. Et maintenant il est 17h38 et me voilà en train de faire le compte-rendu de ma vie passionnante.
Mais bon, malgré l'afflux de boulot que j'ai en ce moment, ça va bien. Je savais que la collègue partie en retraite ne ferait aucun effort pour me faciliter la tâche et je n'ai donc pas eu de mauvaise surprise. J'ai trouvé un bureau couvert de piles, une épaisse chemise pleine de courriers sans aucun rapport les uns avec les autres, des armoires pleines de documents périmés, rien d'étonnant. Donc je m'adapte, je passe des coups de fil pour me renseigner, j'improvise parfois un peu, je gère comme dirait ma fille ("tu gères la fougère", est-ce qu'il n'y a qu'elle qui dit ça ?).
Et puis j'ai des projets. Peut-être quelques jours à Vienne avec mon cher et tendre en automne, une pièce de théâtre fin novembre à Paris avec ma fille aînée (je crois que ce sera la sixième fois que j'irai voir Fanny Ardant, la cinquième fois avec elle), le Nouvel An en famille chez ma nièce installée en Allemagne, une semaine de repos dans le Sud à la fin de l'hiver... Comme le dit parfois ma seconde fille avec une nuance de reproche, "toi tu as toujours envie de partir". C'est un peu vrai, j'adore l'idée de partir. Même si ce n'est pas loin, ça me fait toujours du bien de laisser mon quotidien quelques jours. Alors ces petits projets me mettent en joie. 
A part ça je ne prends guère le temps de découvrir de nouveaux blogs, pourtant la vie des autres m'intéresse toujours autant. Alors si vous voulez me laisser une adresse en passant, ne vous gênez pas. Merci !
 

mercredi 31 août 2011

Je dirais que pour l'instant, les Congolais sont les plus beaux. Notamment un que j'ai vu tout à l'heure, pull rouge et dents du bonheur, beau comme un top model et sympa comme tout. Le Gabonais était très sympa et les Chinois aussi. Les Français un peu plus ordinaires, sauf peut-être le petit qui est venu cet après-midi et fera des ravages dans sa promo.
Sinon qu'ai-je fait depuis une semaine de travail, à part étudier le physique avantageux de nos étudiants ? J'ai investi mon nouveau bureau, failli périr noyée dans la poussière (ménage promis pour vendredi, il était temps), reçu des tas de gens, répondu à des dizaines de mails et de coups de téléphone, improvisé sur les domaines que je ne maîtrise pas encore, pris l'air très pro avec des tas d'organismes très sérieux qui croient que je m'y connais.
Sinon j'ai aussi ramassé ma toute jeune collègue qui faisait un malaise. Elle a une grave maladie cardiaque et je me disais justement qu'il faudrait que je lui demande quoi faire en cas de problème. Plus besoin, c'est fait. Elle doit prendre son médicament, on l'allonge, parfois elle vomit puis elle s'endort. Et on appelle sa mère qui vient la chercher. Ne pas appeler le SAMU parce qu'ils arrêtent le coeur et le font repartir, parait que le médecin de famille a dit qu'on lui avait déjà trop fait, un jour il ne repartira pas. Pauvre môme, elle n'a pas une vie très facile même si elle semble très habituée et zen.
J'ai apporté mes doudous habituels dans mon nouveau bureau : une orchidée mauve, mon pot à crayons du Muppet Show, ma petite boite à agrafes pyrogravée par Virginie (c'est écrit "Maman" tout au fond, sous les trombones) et un tas d'autres petites cochonneries qui font que je me sens plus chez moi.
Voilà ! Ce petit billet rapide et mal ficelé est surtout destiné à Mab, pour qu'elle ne pense pas que plus personne n'a envie de partager. Mais du coup, ça donne un petit billet pas très ordonné et d'un intérêt qu'on peut légitimement remettre en cause... mais c'est mieux que rien ;)

mercredi 17 août 2011

Frouche m'ayant à juste titre fait remarquer que j'étais une grosse feignasse, j'avoue que pour l'instant je ressemble à ça :
Je suis assise par terre, je ne fais rien, je glande, je regarde le ciel, je compte les nuages. Je fais comme Scarlett O'Hara, je me dis que je penserai demain aux choses embêtantes. Et si ça se trouve je n'y penserai même pas du tout tellement je serai zen, cool, organisée, calme et sereine. Enfin ça ce n'est pas sûr mais c'est quand même peut-être éventuellement possible que ce soit envisageable. 

lundi 1 août 2011

Voulez que je vous dise ? Pour un peu je dirais qu'il fait trop chaud à Toulouse. Mais quand même, ça fait du bien tout ce bleu. Je vous en enverrais bien un peu mais si j'ai bien compris, il fait beau à peu près partout. Enfin... :-)

vendredi 29 juillet 2011

Je pense à vous... pas tout le temps, j'avoue, mais parfois quand je prends certaines photos. Alors je vous fais le résumé de ce que je vis ces derniers temps.
Tout a commencé vendredi dernier dans le sud de l'Ardèche avec nos deux futurs mariés allant d'un pas joyeux vers la mairie. Nous avons passé quatre jours dans un gîte avec une petite bande de fêtards gros fumeurs et légèrement alcooliques, il y a longtemps que je n'avais pas autant ri.
Nous sommes partis le lundi vers le Puy en Velay, ville plutôt moche défigurée par quelques bondieuseries du plus bel effet...
... mais où les commerçants sont de petits rigolos.
Nous sommes ensuite arrivés sous une pluie torrentielle à Clermont-Ferrand, qui n'est pas non plus une très belle ville d'après moi. En revanche les alentours sont magnifiques, surtout ça :
Cela dit ça fait mal aux pattes le Puy de Dôme, c'est haut mais c'est beau. J'aurais pu faire l'effort de couper le petit bonhomme qui gâche la photo, mais la flemme a été la plus forte.
Nous sommes maintenant dans un département où tous les signaux routiers ne sont pas encore aux normes, c'est tout le charme rustique de l'Aveyron.
Et aujourd'hui, voici ce que je vois depuis la terrasse de ma chambre :
Alors oui je pense à vous, mais pas tout le temps... Bon été !

mercredi 13 juillet 2011

13 juillet, bientôt en vacances, c'est le moment de faire le bilan de l'année qui vient de s'écouler. Parce que pour ceux qui, comme moi, n'ont jamais vraiment quitté l'école, les années ne peuvent être que scolaires ou universitaires mais en aucun cas civiles.
Alors que s'est-il passé en 2010-2011 ? Une année professionnelle meilleure que la précédente, essentiellement parce que je savais que c'était la dernière avant que j'accède enfin au poste qui aurait dû être le mien à mon arrivée dans l'établissement. J'ai donc vécu les choses avec plus de légèreté et de détachement.
A part ça rien de spécial. Mes filles continuent à cheminer. L'aînée a validé tout ce qu'elle devait valider, continue à filer le parfait amour et parle d'une année de césure à l'étranger. Elle vise Harvard, pourquoi pas, et en plus mon frère habite tout près. Elle est prête à quitter son chéri pendant cette période parce qu'elle se dit qu'elle est à l'âge où il faut le faire et que si elle ne le fait pas maintenant, elle ne le fera jamais. J'aime cette forme de détermination, elle n'a jamais aimé la tiédeur et se donne les moyens de ses ambitions. 
Ma "petite dernière" (comme dirait ma mère quand elle me présente à quelqu'un !) a aussi validé ce qu'elle devait valider, a fait un stage d'observation en entreprise et semble attirée par la voie de psychologue du travail. Elle a rompu avec son copain, a géré la situation comme un chef mais se sent bien seule. Elle est jolie comme un coeur et a juste vingt ans, mais elle craint de rester seule à jamais ! Il faut dire qu'il n'y a pratiquement que des filles en psycho et qu'elle est assez casanière, mais allez faire comprendre à une môme de cet âge-là que sa vie n'est pas finie !
Sinon quoi d'autre ? Une brouille avec une amie, usure d'une histoire où chacune a sans doute évolué dans un sens différent de l'autre. Retour à un semblant de normalité, mails à fleurets mouchetés, discussions sur la pluie et le beau temps pour ne pas aborder d'autres sujets. Rien de grave, juste un peu de tristesse. C'est la vie !
Ma prochaine résolution sera de profiter pleinement des vacances sans me projeter dans une rentrée qui m'a toujours angoissée. Donc je ne pense qu'à aujourd'hui, éventuellement à demain mais pas plus ! Et je profite du soleil, d'une bière en terrasse avec mon homme, celui que j'ai toujours le même plaisir à retrouver chaque jour depuis tant d'années, d'un fou-rire avec mes enfants, de mon basilic et de mes ciboulettes qui poussent joyeusement dans mon jardin désordonné. Bonnes vacances !

jeudi 23 juin 2011

J'ai l'impression d'être une grande fille, ValériedeHauteSavoie  m'a awardisée et j'en rosis d'émotion. Merci Valérie. Cela dit je veux bien raconter sept choses sur moi que je n'ai pas encore dites, en revanche je vais avoir plus de mal à désigner sept blogueuses parce que je ne connais pas grand monde et mon blog ne mobilise pas les foules. Mais j'essaie, promis.

1 - J'ai besoin de doudous pour affronter le quotidien, surtout quand la journée s'annonce difficile. Mes doudous sont en général des cadeaux offerts par mes proches. Donc pas question de sortir sans mes bagues, mon parfum (j'ai longtemps porté Chance), une écharpe particulièrement aimée ou mon sac violet de guerrière.
2 - Quand ma fille aînée a passé le concours de l'ENS, j'ai allumé un cierge à l'église Saint Sulpice. Et je ne suis pas croyante pour deux sous. Mais sûrement un peu superstitieuse. Si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas de mal.
3 - Mon pied droit est très moche. J'ai été opérée vers vingt ans mais ce n'est pas vraiment une réussite, un os est un peu bizarroïde. Ca m'a longtemps complexée et je ne porte jamais de chaussures ouvertes sur le devant. Je regarde beaucoup les pieds des autres et je peux vous dire que les jolis pieds sont assez rares en fait.
4 - J'ai souvent peur de devenir folle. Le fait d'avoir connu la confusion temporaire liée à un problème neurologique fait que j'ai souvent peur de perdre à nouveau contact avec la réalité. C'est flippant.
5 - J'adore les crayons de papier qui évoquent un souvenir. J'ai longtemps utilisé un crayon du British Museum, jusqu'à ce qu'il fasse deux centimères de hauteur. En ce moment, j'en utilise un qui vient du Jardin des Plantes (avec des têtes de singe en photo) et un du Festival de Cannes 2011. C'est kitsch mais j'aime.
6 - A la sortie de la ville, il y a un petit hôtel d'une chaine pas chère du tout, genre cube de béton gris, situé au-dessus d'un accès à la 4 voies et en bordure d'une zone industrielle et commerciale. Bien déprimant. Pratiquement à chaque fois que je passe à-côté, je me dis que c'est là que j'irai me cacher si je traverse une grave crise de couple. Une sorte de spirale du désespoir. Sachant que je vis avec un homme charmant et qu'a priori on n'en prend pas le chemin. Je crois que j'aime me faire des films.
7 - Dans les "Desperate Housewifes", je suis Lynette. Celle qu'il ne faut pas chercher trop longtemps sous peine de la trouver, celle qui a parfois un regard qui tue, celle qui a besoin de contrôler la situation. Et celle qui en fait trop parfois et dont les mots vont au-delà de la pensée, mais trop tard, c'est sorti tout seul.

Voilà ! Et les victimes désignées sont (sachant que rien ne les y oblige bien sûr, c'est un jeu et rien de plus) :
Brigitte parce que c'est presque ma voisine même si on ne se connait pas et qu'elle s'est mis la bague au doigt toute seule, une rebelle ;)
Cloudy parce que je me sens proche d'elle sans raison précise et que j'aime son écriture
Frouche parce qu'elle a besoin de se changer les idées avec des futilités sans intérêt et parce que nous comptons les bonobos ensemble les nuits d'insomnie
Berthoise parce qu'elle dit des choses importantes toujours avec humour, et qu'elle m'a donné l'envie de visiter Chantilly
Céc' même si elle n'aura sûrement pas le temps de le faire entre son boulot et ses loupiots, et qui arrive à transformer sa vie trépidante en oasis-zen sur son blog
Kyra, qui écrit des choses profondes avec beaucoup de discrétion et de pudeur
PPN à qui on a sûrement déjà demandé la même chose parce que c'est une star internationale, mais tant pis (tu peux dire des choses sur Savannah ta petite chatte si tu préfères)



vendredi 17 juin 2011


Je vais être témoin à un mariage fin juillet en Ardèche. C'est sympa à plus d'un titre. D'abord nous sommes les deux témoins, c'est la première fois que ça nous arrive. Donc la fille super bien balancée qui tient la traine sur le photo, c'est moi en fait.  Ensuite le futur marié était témoin à notre mariage il y a de cela bien longtemps. Et ce sera le jour de son anniversaire, ce n'est pas un perdreau de l'année puisqu'il aura 51 ans et sa doulce presque 46 ans. Ils sont ensemble depuis 25 ans.
Lui dit toujours qu'il veut faire ça dans le même esprit que notre mariage, qui fut d'une grande simplicité. Pas d'église, que les très proches, des dents ont dû grincer mais déjà à l'époque, je ne savais pas faire semblant. Buffet froid à la campagne, tout le monde a mis la main à la pâte et j'en ai un excellent souvenir. Ma sœur a très bien fait office d'hôtesse pour les invités, veillant à leur confort. Ma belle-sœur a acheté quelques jolis plats à la dernière minute pour la présentation. Le futur marié de juillet prochain m'a portée dans ses bras jusqu'à la voiture pour que je ne me salisse pas parce qu'il pleuvait. Non que j'aie eu une longue robe blanche, juste un tailleur d'été.
Enfin voilà, nous serons treize à ce mariage ardéchois, j'entends ce que vous pensez sur le nombre d'invités. Il y aura leur fille de 20 ans, celle qui est née le 10 mai 1991 tandis que ma seconde fille naissait le 31. On en rit encore quand on y repense. On avait invité notre copain à manger avec nous tandis que ses femmes étaient à la maternité et il avait passé la soirée à nous décrire à quel point l'accouchement avait été horrible, qu'elle avait souffert quarante-douze heures au moins, que la sage-femme avait fini par lui grimper sur le ventre pour faire sortir le bébé, que c'était une boucherie... heureusement que j'avais déjà eu un enfant sinon j'aurais paniqué. Mais lui était tellement dans son histoire que ça ne l'a pas effleuré qu'on ne raconte pas forcément ce genre de choses à une future mère...
C'est aussi à cause de lui que j'appelle ma fille Tchou. Parce qu'il est d'origine basque et que le deuxième prénom de leur fille est Maritxu, qu'on prononce Maritchou. Ca m'a amusée et comme me fille a un prénom qui commence un peu comme Maritxu, je l'ai parfois appelée Maritchou mais surtout Tchou, nom que je lui donne encore souvent.
Alors je pense que nous allons passer quelques bonnes journées fin juillet. Nous serons tous dans un grand gîte et ce sera apéro et barbecue pendant plusieurs jours. Moi qui m'ennuie toujours dans les mariages, je pense que je vais aimer celui-là.

mercredi 8 juin 2011

Dès que j'entendais un hélicoptère au loin, je me précipitais à la fenêtre pour le regarder s'approcher dans le ciel gris ardoise plein de neige. C'est si beau un hélicoptère, si poétique. Un peu comme un signe positif, comme quand j'aperçois des oies sauvages dans le ciel et que je me dis que la journée sera bonne. Ça animait ma journée avec ce bruit puissant qu'on ressent physiquement lorsque que l'hélico est proche. Fascinant en fait. Et comme ils atterrissaient juste au-dessus de ma tête, je n'en loupais pas un. Si c'était la nuit, je ne me levais quand même pas mais j'étais contente.
C'est dingue ce que les médicaments arrivent à vous faire. Ce n'est que bien plus tard, quand je suis descendue de mon nuage, que j'ai compris que mes joyeux hélicoptères étaient pleins de jeunes motards dans le coma, d'accidentés de la route trop atteints pour être soignés loin de ce grand CHU, de victimes d'AVC qu'il faut traiter dans l'heure.
Finalement ils n'étaient pas si poétiques les beaux hélicoptères blancs qui atterrissaient sur le toit des urgences neurologiques. Mais encore maintenant trois ans après, il me faut un temps de réaction quand j'en vois un au loin. D'abord je le trouve beau, puis je me rappelle sa fonction et je me force à ne pas ressentir une joie enfantine à sa vue.

jeudi 2 juin 2011


Alors comme je pourrais vous parler de Chantilly ou des bonobos, je vous présente aujourd'hui mon frigo. Oui je sais, ce n'est pas très intéressant mais je peux difficilement faire mieux en ce moment.
Et puis il y a à peu près toute ma vie sur ce frigo. D'abord un petit mot d'encouragement de ma plus jeune fille qui, ayant vu le moral des troupes faiblir ces derniers temps, dit sobrement "si les gens vous font chier, buvez une Despé".
Il y a aussi une carte postale de ma fille aînée postée pendant qu'elle s'enfilait trois films par jour à Cannes. Une carte de son copain, envoyée de Paris pour nous remercier de notre accueil la dernière fois qu'ils sont venus. Il y a enfin une carte envoyée par ma mère. Je crois que je vous en ai déjà parlé, ma mère est un peu folle ,dans le bon sens du terme heureusement. Donc elle est allée voir une exposition à Beaubourg et nous y a acheté cette carte postale de Topor qui dit "Toujou couri pou gagner vie, quand bien couru vie l'est foutu". Ma mère a 88 ans et un rien l'amuse. Elle vient de donner 100 euros à ma fille pour son anniversaire et sa réussite aux examens, nous on avait bien du mal à avoir un peu d'argent de poche, j'aurais dû la rencontrer un peu plus tard si j'avais su.
Il y a aussi un délicat brin de muguet dessiné par mon cher et tendre le 1er mai, que j'ai trouvé près de ma tasse au petit-déjeuner.
Voilà. J'aurais aussi pu vous montrer mes toilettes disco, peintes en violet avec lustre à pampilles violet également, des toilettes où tu es obligé de chanter du Abba pour être raccord. Mais ce sera pour la prochaine fois.

lundi 23 mai 2011

Les larmes qui coulent à peine arrivée au boulot. Les larmes qui coulent encore rien que d'y penser. Les collègues qui me regardent d'un air un peu gêné. Ma responsable qui vient me voir pour réorganiser le service parce qu'elle voit que je n'en peux plus. Une étudiante à qui je suis obligée de dire que j'ai un problème personnel parce que les larmes coulent pendant que je lui parle. Ma tête de déterrée dans le miroir. Surtout que personne ne soit trop gentil avec moi sinon ça va recommencer.
En fait pas de problème personnel, juste une accumulation. Grosse fatigue, gros psychodrame familial dans ma belle-famille, gros rush de fin d'année universitaire, absence d'une collègue qu'il faut bien sûr que je remplace en partie, prise de tête stérile avec une (ancienne ?) amie, ras-le-bol général, envie d'explosion, de sommeil pendant 48h, de partir, que surtout on ne me demande rien sinon ça va recommencer.
Voilà. Comme dirait cette cruche de Mylène Farmer, c'est une belle journée, je vais me coucher...
.

mercredi 18 mai 2011

Quand je l'ai rencontrée, j'ai aimé son côté dynamique et sincère. Nos enfants devaient être au CE1, quelque chose comme ça. On a commencé à discuter en préparant la kermesse de l'école, on s'est mises l'une à côté de l'autre pour le barbecue du soir qui a suivi cette journée.
Elle parlait beaucoup et avait quelque chose de différent, une sorte de franc-parler et d'humour abrupt qui m'a plu. Une forme d'intelligence de la vie, très loin des théories et des idées fumeuses. Au fil du temps, j'ai compris qu'elle avait vécu des choses très difficiles faites de galères familiales, de parents peu aimants et très peu éduqués. Je crois qu'elle est partie de chez elle très jeune, a dormi dans des endroits improbables, a été victime d'une tentative de viol et a vécu d'autres aventures que je saurai certainement un jour.
Elle n'a aucun diplôme et a toujours durement travaillé pour s'élever dans la société. Elle s'est mariée avec un militaire plus jeune qu'elle. Il a trouvé en elle une femme forte et elle a trouvé en lui un homme plutôt intelligent et posé, ce qui contraste terriblement avec l'agitation qui la caractérise. La première fois que je suis allée chez elle, j'ai jeté un coup d'oeil aux médicaments qui traînaient sur son buffet, j'étais sûre d'y trouver des calmants ou des anxiolytiques, des choses qui attesteraient de son côté un peu limite. Mais je n'ai rien vu.
Elle a beaucoup souffert pendant l'enfance de son fils parce que tout le monde le détestait. Les enseignants l'avaient pris en grippe parce qu'il était à la fois agité et un peu bizarre, pas méchant mais il n'entrait pas dans les cases. Ils pensaient qu'il faisait exprès de ne pas suivre et de perturber la classe par ses lubies. Et bien sûr ils ont pris la mère en grippe, puisqu'elle était elle aussi en quête de réponses et cherchait de l'aide de la part des enseignants. Ce qui est souvent une erreur fatale, du moins avec ceux-là...
Ce n'est qu'après avoir déménagé dans une ville plus grande à cause d'une mutation de son mari qu'un médecin lui a appris que son fils était épileptique. Il avait des absences qui faisaient qu'il ne suivait pas à l'école, mais personne ne l'avait compris. Il faisait des crises pendant son sommeil et personne ne le voyait. Il était fortement déprimé à cause du rejet dont il faisait l'objet, mais personne ne l'avait compris puisqu'il se rendait agaçant à force d'essayer d'attirer l'attention.
Maintenant il a 20 ans et il va bien. Il a été scolarisé en Bretagne dans un centre spécialisé et son épilepsie a guéri parce qu'elle était liée à une immaturité du cerveau qui passe avec l'âge. Il va entrer dans l'armée parce qu'il n'a aucun diplôme et a besoin d'être cadré d'après sa mère, heureusement qu'il reste cette solution.
Mais ma copine est dévastée pour toujours et chaque fois qu'elle m'appelle, dix ans après, il y a toujours un moment où elle me reparle de l'instituteur du CP, le premier à avoir pris son fils en grippe sans même avoir l'idée de faire venir le psychologue scolaire. Alors même si ça prend une heure à chaque fois, même si elle me bouffe un peu mon énergie en déversant son stress sur moi, même si c'est elle qui parle pendant presque la totalité de nos conversations, je l'écoute avec plaisir. Et je suis contente de constater en raccrochant que son débit s'est ralenti au fil de la conversation, qu'elle a fini par me laisser en placer une, qu'on a ri et qu'elle se sent mieux. C'est peu de chose par rapport à tout ce que la société lui a fait subir à travers son regard réprobateur, que ce soient les enseignants ou les autres parents d'élèves qui la regardaient d'un air ironique.
Moi elle m'a toujours touchée. Et elle m'a aussi apporté beaucoup d'une certaine façon, une ouverture sur un monde qui n'est pas le mien, moi qui évolue dans le monde douillet des gens qui ont eu la chance d'avoir une famille aimante, des enfants intégrés, des fins de mois sans problèmes et des vacances à l'étranger. Elle, elle viendrait bien me voir mais elle a peur de prendre le métro à Paris parce qu'il faut changer de gare. Et ça me touche infiniment plus que les angoisses nombrilistes de certains, parce qu'elle a de vraies raisons d'avoir des angoisses.


mercredi 4 mai 2011

Décopatchouillons

Pour Kyra, voici une magnifique girafe rhabillée par ma fille...




... et une non moins magnifique vieille petite table rhabillée pour aller dans son studio


Voilà !

lundi 2 mai 2011

Premier jour de vacances à la maison. Et comme toujours dans ces cas là, je broie du noir, Enfin n'exagérons pas, du gris. Trop de temps pour penser et m'angoisser. Je râle contre le boulot mais la maison ne me vaut rien. Samedi j'ai fait un tour dans un magasin qui offre un tas de choses pour s'occuper (peinture, point de croix, mosaïques, décopatch, scrapmachin et compagnie...). Et je m'aperçois qu'à part lire, je ne sais rien faire pour m'occuper. 
Alors je vais sur fessebook et je lis les statuts des uns et des autres... Ma famille côté Etats-Unis qui se souvient avec émotion des deux amis morts dans le premier avion qui a traversé les tours... ma fille qui en a marre de réviser... mes copines qui mettent en ligne de vieilles chansons de leur jeunesse trouvées sur le net... Rien de très intéressant, comme toujours.
Je me dis que je pourrais appeler ma sœur puisqu'elle ne travaille pas le lundi. Oui c'est sûr, je pourrais. Il faudrait aussi que je déplace ce tournesol trop à l'étroit dans sa jardinière. Il faudrait que je téléphone pour prendre un rendez-vous. Il faudrait que je trie ces vieux habits qui sont pour l'instant en tas dans un coin de ma chambre.
Demain peut-être. On verra plus tard.



mercredi 27 avril 2011

Le 29 juillet 1981, j'étais à New Haven dans l'état du Connecticut. Après mon bac en juin de l'année d'avant, je venais de passer une année plutôt bizarre, complétement paumée dans une ville universitaire en refusant obstinément d'ouvrir mes cours. Surtout celui d'économie politique, qui me faisait particulièrement peur. J'étais essentiellement solitaire, je n'avais pas le téléphone et je n'ouvrais pas la porte si quelqu'un sonnait. Bien sûr j'ai raté mon année, je crois même que je ne suis pas allée à toutes les épreuves. J'évite un peu de me souvenir de cette période, c'était vraiment glauque.
Heureusement, mon frère habitait Paris et je m'entendais très bien avec sa femme, une Américaine qu'il avait rencontrée lors de ses études à Chicago. Laura m'aimait bien, elle avait huit ans de plus que moi et s'occupait de moi comme une grande sœur. J'allais régulièrement passer quelques jours chez eux, on faisait du shopping, elle essayait désespérément de m'initier à la couture, on papotait. 
Et Laura m'a proposé d'aller passer le mois d'août chez sa sœur, qui avait justement une petite fille de cinq ans à garder pendant les vacances. Laura a fait le voyage aller avec moi, elle allait rendre visite à ses parents. Dans l'avion devant moi se trouvait une fille qui a vomi à peu près pendant tout le vol. Quand nous avons atterri, les parents de Laura sont venus nous chercher. Nous avons mangé des sandwiches dinde/mayonnaise/gelée de groseilles, c'est là que j'ai eu confirmation qu'on était bien aux Etats-Unis. Nous sommes restées quelques jours chez ses parents, puis Laura m'a emmenée dans l'état de Rhode Island chez sa soeur Vicki.
Je me souviens que la petite Katie que je gardais m'appelait "Mrs Me" parce que j'étais à son entière disposition. C'était très sympa, sauf quand je l'ai emmenée voir le film E.T à la demande de Vicki. Non je me trompe, je viens de vérifier, E.T. n'est sorti qu'en 1982 donc c'est l'été suivant que nous y sommes allées. Mais elle en a fait des cauchemars et sa mère a finalement dû l'emmener à nouveau voir le film pour tout lui expliquer et la convaincre qu'E.T. était gentil.
J'ai passé un très bon été, mangé des hamburgers, vu les plus gros frigos du monde, conduit sur Ocean Drive comme une grande et trouvé les Américains très sympas et accueillants. Et à la rentrée, j'ai refait mon année, ouvert mes cours, suivi avec une concentration particulière le cours d'économie politique pour qu'il ne me fasse plus peur et tout s'est bien passé.
Mais vendredi, en regardant l'incontournable mariage royal, je repenserai à ce 29 juillet 1981 où nous avions mis le réveil au petit matin compte-tenu du décalage horaire et où Laura, sa maman et moi avons regardé le mariage de Lady Diana avec son prince.


lundi 25 avril 2011

Si j'avais l'âme d'une créatrice d'entreprise, je révolutionnerais tout ce qui tourne autour des rites funéraires en France. Pas pour les croyants, ils ont déjà ce qu'il faut, du moins je l'espère pour eux. Mais pour les autres, ceux qui comme moi ne trouvent aucun réconfort dans une église, ont envie de crier en entendant les banalités énoncées parfois mécaniquement par un prêtre lors d'un enterrement et savent bien que nos morts ne sont pas dans les cimetières.
Hier, nous sommes allés tous les deux dans la vieille maison de campagne pour passer la journée avec ma Maman, mon frère aîné, sa femme et deux de ses enfants. Quelques minutes avant d'arriver, j'ai demandé à O. de tourner à droite à la Croisette pour passer au cimetière. Je ne sais pas si c'est le cas dans toutes les régions, mais chez moi toute intersection ou presque est baptisée "croisette", et pourtant je n'habite pas à Cannes. Oui, si c'est le cas à Cannes, ce doit être comme ça dans toute la France (digression de la plus haute importance qu'il eut peut-être été opportun de supprimer...). 
Le cimetière est à flanc de coteau, au-dessus de l'église. Mon père est tout en haut, dernière travée, deuxième tombe en partant de la gauche. Un peu comme moi quand je vais au cinéma, toujours près de la sortie.  Plus haut, c'est un grand pré avec des fleurs des champs, on voit des arbres, de la verdure, la montagne vosgienne. La tombe est dans un granit plutôt bordeau.
Mais on fait quoi devant une tombe, quand on ne prie pas ? Moi j'ai besoin de toucher, de m'asseoir dessus, de poser mon sac un peu comme chez moi. Il y avait plein de pollen jaune alors j'ai sorti deux mouchoirs en papier et nous avons nettoyé la tombe. C'est bête, mais ça m'a rassérénée. Il y a une jardinière de fleurs artificielles plutôt moches sur la tombe, mais qu'est-ce qu'on peut y mettre par ici ? Il gèle fortement en hiver et il peut faire une chaleur étouffante en été, à moins qu'il ne pleuve pendant des jours. Et puis il ne faut pas compter sur moi pour entretenir tout ça, ça devait faire deux ans que je n'étais plus allée au cimetière. 

Mais bon, ce petit contact m'a fait du bien. Et je me suis dit que nos cimetières étaient vraiment sinistres. De gros caveaux sombres, des plaques de pierre ornées de fleurs froides comme la mort, rien où l'on puisse se sentir bien. J'aime les cimetières américains, où je n'ai pas vu de caveaux mais plutôt des plaques de pierre posées sur le gazon. On a envie de venir y parler, de s'y installer avec un livre ou même d'y manger son pique-nique. Il me semble qu'ici, la mort est trop solennelle et froide, qu'elle n'est pas assez intégrée à la vie. Il faudrait instiller un peu de convivialité dans tout ça, un peu de chaleur humaine dans la mort, moins de pompes et circonstances et plus de naturel. Ne plus chuchoter, se permettre de rire, apporter son tricot au cimetière et finir tranquillement son ouvrage assise sur la pierre chauffée par le soleil.


vendredi 8 avril 2011

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La vie est injuste. On est belle quand on se sent bien et on est terne quand ça ne va pas. Alors qu'on aurait bien besoin de quelques compliments quand on est en petite forme. Juste le jour où une collègue bien intentionnée vous demande "ça va ? t'as l'air fatiguée", ce qui ces jours là a le don de me saper le peu de moral qui me reste.
Bref hier, journée de formation à Paris. Temps magnifique, balade dans le quartier de la butte aux cailles à midi, retour vers la gare de l'Est en fin d'après-midi. Mon train ne partant qu'un peu plus tard, je sors de la gare pour profiter encore un peu du grand soleil. Et je croise un type dans la foule qui me murmure en me croisant "qu'est-ce qu'elle est belle" ! Pas un lourdaud qui vous drague ou vous invite à prendre un verre, juste un inconnu dont vous n'avez même pas croisé le regard et qui ne s'est pas arrêté.
A un âge où on se demande parfois si on est vieille ou pas, si on a fini de plaire ou pas, si on a encore des émotions à venir ou pas, ça fait un bien fou ! Et on vérifie dans la glace que oui, finalement, cette nana de 48 ans avec ces cheveux bouclés un peu désordonnés, son mètre soixante-trois et ses cinquante-deux kilos, elle n'a pas dit son dernier mot.
Alors merci à cet inconnu qui était peut-être hideux, pervers ou trop myope pour me voir vraiment, je ne veux pas le savoir, je me suis redressée après l'avoir croisé et un léger sourire flottait sur mon visage :D

vendredi 1 avril 2011


Envie de légèreté. Les prunus sont roses, le jardin ressemble à un tapis de primevères et il y a des forsythias chez le voisin.  Bientôt le temps des apéros au jardin, bientôt le temps où Pistache ne voudra plus rentrer le soir même si on essaie de la piéger avec le cri de la croquette le soir au fond des bois.
Notre voisin fera bientôt des barbecues deux fois par jour jusqu'en octobre et on entendra le rire fort et un tantinet vulgaire de sa compagne. Il faut dire que sa femme était tout sauf rigolote, il doit avoir une vie plus joyeuse avec la nouvelle. On sera bientôt réveillés par les oiseaux et on se paiera même le luxe de râler, oubliant quel bonheur c'est de dormir la fenêtre ouverte. Je me demande si l'oiseau qui chante comme Stevie Wonder - enfin comme le début d'une de ses chansons - reviendra cette année. Les pies en habit de soirée sont déjà là, les merles aussi je  crois. Dans quelques semaines, ils pourront tous se régaler avec nos pommes qui tombent du pommier bien avant maturité. Les oiseaux viendront méthodiquement vider les fruits, ne laissant que des formes de pommes où toute la chair a été mangée.

Bientôt je ferai des tentatives de jardinage qui échoueront lamentablement comme toujours. Mes tomates cerises attraperont le mildiou, les limaces mangeront mes œillets d'inde, ne laissant au matin qu'un tige gluante. Mes géraniums dépériront quand nous partirons en vacances, par excès de pluie ou par excès de soleil. 
Tout à l'heure, j'ai fait quelques achats pleins de légèreté pour fêter ce joli printemps.

vendredi 18 mars 2011


Quand je regarde mes mains, je vois celles de mon père. Longs doigts fins, peau dont la couleur trahit une circulation imparfaite. Des mains de violoncelliste pour mon père, des mains qui se blessent souvent pour moi, je ne suis pas capable d'ouvrir un bocal sans me faire mal. Impossible d'acheter une bague sans que le bijoutier ne doive en réduire la circonférence, sinon ça tombe. Même ce léger tremblement dû aux médicaments me rappelle ses mains.
Ça me  surprend toujours de voir les mains de mon père au bout de mes bras, d'autant que j'ai longtemps revendiqué une ressemblance exclusive avec ma mère. Et pourtant c'est bien de lui que me viennent ma peau blanche, mes boucles, mes taches de rousseur en été, la transformation durable de mon bras en un énorme gigot dur comme du bois à la moindre piqûre de guêpe, les boutons qui se transformaient en cloques quand j'étais petite, le besoin de recourir à des antibiotiques pour une simple piqûre de taon. 
Mon père avait horreur des chochottes, il détestait Jane Birkin ou Vanessa Paradis, la mode le faisait doucement rigoler. Lui qui était par ailleurs la gentillesse même, il avait un jour demandé à une de ses élèves si elle était en pyjama. Ses cravates étaient toutes alignées sur un fil et il en choisissait une par jour, disant que si l'accord avec la chemise ne créait pas un effet d'harmonie, ça créait un effet de contraste. Heureusement, ma mère et moi l'avions finalement convaincu de nous soumettre ses choix de couleurs.
Il détestait le vert, je n'en porte jamais. Il n'aimait pas la tristesse ni le noir. Ses yeux devenaient toujours furtivement brillants quand il évoquait sa mère au cours de la conversation, mais il passait aussitôt à autre chose. Petite, je hurlais de rire quand il me racontait en parlant chti l'histoire de ch'tit cat qui éto mort, on l'a r'mis dans une c'aussette, pis y a r'vi (je ne sais pas pourquoi ça m'amusait temps, cette histoire d'un petit chat qui était mort, qu'on a mis dans une chaussette et qui est revenu à la vie).
J'ai un peu loupé la rencontre avec mon père. Je ne vais jamais au cimetière, je sais qu'il n'y est pas vraiment. Mais j'ai ses mains. Et je n'arrive toujours pas à écouter du violoncelle sans pleurer.

Petit aparté pour la petite poule noire : tu vois finalement, ça ne change rien ;)



mardi 15 mars 2011

Je n'ai pas la prétention d'avoir la solution mais je crois qu'elle n'est pas là, dans ce "tout nucléaire". Vraiment pas.

mercredi 9 mars 2011

Revigorée par une semaine dans le sud, me voici avec de nouvelles questions existentielles : où partir en vacances cet été ? J'envisageais le sud de l'Angleterre mais les Anglais s'entêtant à rouler à gauche contre toute logique, enfin contre la mienne, pas question de prendre la voiture. Et rester coincés quinze jours au même endroit est un peu frustrant. Alors les châteaux de Louis II de Bavière ? Ça semble magnifique mais je n'arrive pas à envisager clairement des vacances en Allemagne, je l'ai tellement fait dans mon enfance que ça ne me fait pas rêver. Et puis l'Allemagne ne fait pas rêver de toutes façons, allez savoir pourquoi !
La Toscane ? C'est très mode la Toscane, et puis certainement très beau aussi. Mais il y a beaucoup de monde en été et il y fait très chaud, ce que j'ai un peu de mal à supporter. J'ai quand même emprunté un guide hier à la bibliothèque, pour voir... J'ai aussi pris l'Autriche d'ailleurs. Sinon ce matin j'ai écouté quelques vieux titres de Tri Yann et l'envie de la Bretagne me reprenait... Mais encore la France...
Peut-être un bord de mer en Belgique finalement ? J'imagine qu'il y a de très jolis coins par là. Et pour une amoureuse de Berck comme moi, ça devrait me plaire.
Alors avis à la population : si quelqu'un a une idée géniale, je prends !

jeudi 24 février 2011

Je me fatigue moi-même avec toute cette nostalgie qui semble transpirer de ce blog, alors que ce n'est pas du tout mon caractère en apparence. Donc foin du passé, de l'enfance et de son vert paradis, ce soir je suis en vacances, youpie !!! Une semaine dans le sud pour marcher, dormir, lire, parler, regarder et rêver. J'espère que Hyères est une jolie ville, de toutes façons il faudra bien puisque nous avons réservé tard et il n'y avait plus de place là où nous projetions d'aller.
Je vais essayer de débrancher mes divers cordons ombilicaux, celui qui me lie à ma mère et me chatouille parfois un peu ces temps-ci pour diverses raisons dont je vous fais grâce, et ceux qui me lient à mes filles et ont tendance à se contracter rapidement au moindre nuage gris.
Samedi soir si tout va bien, nous irons voir la mer. Bonnes vacances à vous si vous en prenez, bon courage à ceux qui en ont besoin et à très bientôt. Et puis l'ordi portable vient avec nous, j'aurai de vos nouvelles.

J'ai piqué cette photo du Guatemala à ma copine...

mardi 22 février 2011


Je suis une petite rigolote. C'est vrai après tout, on ne se connaît pas vraiment, alors je vous le dis. La preuve, c'est écrit dans le livre que ma maman tenait quand j'étais petite. C'est en lisant un billet de Marie-Madeleine que j'ai eu envie de replonger dans ce livre. Alors voilà, c'est écrit de la main maternelle, avec cette jolie écriture qu'on apprenait à l'École Normale lorsque les institutrices écrivaient lisiblement et sans fautes. D'ailleurs ma mère a toujours exactement la même écriture reconnaissable entre toutes pour moi. Or donc, alors qu'elle avait acheté une boîte d'ananas au sirop, elle m'a demandé si je préférais une tranche d'ananas ou juste du jus et j'ai répondu "j'aime mieux Poulidor". J'avais presque 3 ans, lui 29 ans j'imagine que c'était mon type d'homme à l'époque.
Ça fait du bien de se replonger dans sa petite enfance, quand on était juste mignonne, jolie et aimée de tous. C'était le bon temps, celui où j'étais la petite dernière, une blondinette avec des bouclettes qui souriait à tout le monde. Je suis toujours la petite dernière, j'ai toujours des boucles, mais bien que mon frère continue à m'appeler "bout-de-chou", ce n'est plus vraiment pareil.
Allez tant pis, une petite dernière pour la route. Vous aurez droit à la première page de mon livre, celle où je suis venue au monde. Moi j'aime bien cet amour maternel qui note toutes les remarques des gens de la clinique sur son bébé, même si c'est le quatrième et qu'elle pourrait être blasée :)

mercredi 16 février 2011


Lundi soir, 19 heures, j'aperçois dans l'entrebâillement de la porte O. portant un grand bouquet de roses. Comme je le regarde ébahie et poussant un "boh" mi-étonné mi-désapprobateur, genre "mais qu'est-ce que c'est que cette idée" puisque je déteste les fêtes programmées, supporte à peine mon anniversaire et déteste ce qui ressemble de près ou de loin à un anniversaire de mariage ou à une Saint Valentin. Il me raconte qu'il est sorti un peu plus tôt du boulot et s'est dit qu'il allait en profiter pour me ramener un bouquet parce que ça faisait un moment qu'il ne l'avait pas fait.
Et qu'il s'est demandé ce que tous ces clampins faisaient en même temps que lui chez le fleuriste... Ne savait pas que c'était la Saint Valentin et s'en est trouvé tout surpris.
Et on voudrait que je ne l'aime pas, cet homme ? ;)

lundi 7 février 2011

Ma fille a des peines de coeur. Ça ne lui fait pas perdre son sens de l'humour mais on voit que c'est important. 19 ans et demi, jolie comme un coeur, mais un gros bourrin manquant de finesse se permet de la faire souffrir.
Je ne sais pas si elle a tort ou raison, je crois qu'elle est exigeante et peut-être un peu jalouse, mais je sais que ce weekend nous l'a révélée sous un nouveau jour. Mature, réfléchie, adulte en fait. Et pour la première fois, elle s'est confiée à nous pour nous demander conseil. Pas comme une fille avec ses parents, mais plutôt d'adulte à adulte. J'ai trouvé ça très émouvant, je l'ai ressenti comme une marque de confiance. Et on sentait qu'elle n'avait pas envie d'être seule, elle est allée faire les courses avec son père, elle est allée faire les magasins avec moi et le dimanche, elle a fait une balade avec nous dans la nature. Elle qui déteste habituellement tout ce qui ressemble vaguement à une promenade, une marche en forêt ou un parcours de santé. Elle s'est même plusieurs fois placée entre nous deux en nous prenant à chacun un bras, un peu dans l'espoir de retrouver son enfance quand on comptait 1, 2, 3 et qu'on la faisait s'envoler dans les airs.
Je crois qu'elle est en train de régler le problème, mais c'est dur pour elle d'être face à un amoureux qui communique très peu sur ses sentiments. Même à ses parents il n'a jamais parlé de rien concernant sa vie quotidienne, il ne sait pas faire. Et elle a besoin de partager, de communiquer, de ne pas être absente de sa vie quand ils ne sont pas ensemble. Mais je crois qu'elle va s'en sortir, soit en le faisant sortir de sa coquille, soit en réalisant qu'elle a tout essayé et que ça ne marchera jamais.
Hier soir, elle a repris le train et nous a envoyé un texto nous disant qu'elle était arrivée, qu'elle allait bien, et ça finissait par "merci" avec un smiley qui sourit et un coeur. Je crois que malgré le contexte, elle aussi a apprécié ce partage inédit qu'on a eu.

lundi 31 janvier 2011

C'est un peu dur en ce moment. Mon boulot est peu intéressant et même si je sais que j'aurai normalement celui qui m'intéressait vraiment à partir de septembre prochain, j'ai un peu de mal à rester zen en attendant. A l'université comme ailleurs dans l'Education Nationale, tout fout le camp et c'est déprimant.
Par ailleurs le neurologue m'a augmenté un médicament qui me fatigue énormément et j'ai parfois l'impression d'avoir cent ans. Je suis allée à Paris un des derniers weekends et il m'a fallu la semaine pour m'en remettre. Pourtant à part marcher et me coucher un peu plus tard que d'habitude, je n'ai rien fait d'extraordinaire. Je sais que je vais m'habituer à cette nouvelle posologie, mais c'est parfois démoralisant d'avoir toujours besoin de se reposer.
Alors voilà, au lieu de ronchonner, je vais juste attendre d'avoir quelque chose d'un peu plus positif avant de refaire un billet. Mais ça peut être demain, je n'ai pas l'intention de me morfondre trop longtemps :-)

mercredi 19 janvier 2011

Quand mon père est mort, ma mère ne nous l'a dit que le lendemain. Ils avaient passé une bonne journée, mon père avait fait sa visite mensuelle au médecin, ils avaient rendu visite à une connaissance, fait des courses et acheté du vin. Mon père était un connaisseur en la matière, il en buvait peu mais avec gourmandise et sa cave était variée et bien remplie. Le soir venu, ils se sont couchés et alors que ma mère lisait et que lui somnolait, il a respiré bruyamment, s'est soulevé pour la regarder, son regard s'est brouillé et il est mort. Ma mère a appelé le SAMU, la femme médecin a fait ce qu'elle pouvait mais c'était fini. Elle a demandé à ma mère s'il fallait prévenir quelqu'un ou l'aider de quelque façon que ce soit, ma mère a dit que ça irait. Et elle a passé la nuit à ses côtés dans le lit pour être avec lui une dernière fois, lui faire ses adieux, je suis sûre qu'elle lui a parlé toute la nuit.
Et au matin, elle a téléphoné à mes frères, au mari de ma soeur et à mon mari. Je crois qu'elle a eu peur que ce soit trop dur pour ses filles, elle avait déjà assez de sa propre douleur aussi, elle est passée par nos maris pour adoucir le choc. Il devait être 9 heures du matin, j'étais à mon travail, je suis rentrée à la maison. Comme c'était mercredi, ma fille aînée de 13 ans était là, je lui ai dit tout de suite. Et puis je suis partie à la campagne, vers la maison de famille où mes parents étaient. Ma mère m'a semblé toute petite, je crois que mon grand frère était là. Mon père était au funérarium, c'est là que j'ai fait connaissance avec ces endroits. Ma mère se faisait du souci pour ma deuxième fille, âgée de 10 ans, qui devait rentrer le soir même d'un séjour de dix jours en Vanoise avec sa classe. Quelle tristesse d'accueillir ce bout-de-chou tout content de rentrer avec cette nouvelle.
J'ai passé les trois jours avec ma mère au funérarium, c'est bizarre, je n'en ai pas que de mauvais souvenirs. Je lui ai donné mon gros gilet noir pour qu'elle n'ait pas froid, nous avons parfois ri, pleuré bien sûr, nous nous sommes assises sur le banc qui était dehors, je lui ai donné quelques bonbons qui traînaient dans mon sac quand sa gorge était trop serrée. Depuis, chaque fois que je rafle des bonbons à la caisse d'une station-service ou en payant au restaurant chinois, je pense à ce moment.
Finalement mon autre frère et sa fille sont arrivés d'Amérique après des heures de queue et de contrôles, c'était au mois de septembre 2001. Ma mère était contente qu'il y ait beaucoup de monde à l'enterrement et que la tombe soit couverte de fleurs, elle était sensible aux couronnes venant d'Allemagne qui témoignaient de la réussite de leur projet de jumelage franco-allemand. Je ne sais plus qui a eu l'idée bizarre de revenir prendre des photos l'après-midi, mais j'ai quelques photos surréalistes de nous et des montagnes de fleurs, comme pour garder une trace de ce moment.

dimanche 9 janvier 2011


Ma mère est un drôle d'oiseau. La dernière fois qu'elle est allée à Paris, il y a un mois ou deux, elle est passée par hasard devant le Palais de la découverte. Comme elle n'avait rien de prévu, elle y est entrée et y a passé trois heures. Elle en est revenue enthousiasmée et prévoit d'y retourner dès que possible.
Ma mère vient d'avoir 88 ans. Je pense souvent qu'elle est indestructible, mes filles prétendant même qu'elle est atteinte du syndrome Benjamin Button et qu'elle rajeunit. C'est possible, elle est capable de tout. Elle est de ces femmes qui résistent à tout, qui font face aux épreuves avec courage et se relèvent toujours. Je rêve d'avoir sa force et sa vitalité, j'espère qu'elles sont inscrites dans mes gènes.
L'origine de tout cela doit être son départ dans la vie, pas forcément facile. Quand elle était bébé, son père a tenté de la jeter par la fenêtre. C'était un instituteur bien sous tous rapports qui faisait vivre un enfer à sa femme parce qu'il buvait à la maison et devenait violent, mais nul ne le soupçonnait à l'extérieur. Le jour où il s'en est pris à son enfant, ma grand-mère, institutrice elle-aussi a décidé de le quitter. Elle a été convoquée par l'Inspecteur d'Académie parce que c'était scandaleux et a frôlé de très près la radiation. Une femme qui quitte son mari en 1922, même s'il est violent et a presque tué leur enfant, c'est une femme de mauvaise vie qui ne mérite que le mépris. Finalement, on l'a nommée dans un village perdu au fin fond du département pour qu'elle se fasse oublier et elle a gardé ce métier qu'elle aimait tant. Ma mère a gardé en elle l'injustice faite à sa mère et a toujours été une battante elle aussi.
Ma mère est entrée à l'internat en 6ème et garde encore en elle la souffrance de cette petite fille séparée d'une mère adorée. Le collège n'était qu'à une quinzaine de kilomètres mais il n'y avait à l'époque pas d'autre solution que l'internat. Elle travaillait très bien et a gardé les lettres que sa mère lui écrivait, elles sont très belles. Ensuite elle est entrée à l'Ecole Normale pour devenir institutrice elle aussi. La guerre est arrivée, elle a passé une licence d'allemand en parallèle avec son métier et a finalement passé le CAPES pour devenir professeur. Il faut s'imaginer cette époque où elle devait louer une chambre chez l'habitant pour se loger là où on la nommait, la glace qu'elle cassait parfois dans la cuvette pour se laver le matin, les kilomètres qu'elle faisait à bicyclette...
Elle aimait l'allemand parce que sa mère le parlait très bien. Ma grand-mère habitait un village tout près de la ligne de front pendant la guerre de 1914 et avait compris très jeune que les soldats allemands qui se trouvaient tout près de la ferme de ses parents étaient de pauvres diables au même titre que les soldats français qui se trouvaient également tout près. Ses propres parents permettaient aux soldats des deux bords de chauffer leur soupe chez eux et les Allemands leur donnaient parfois en remerciement du sucre destiné à leurs chevaux mais qui était bien aussi bon que le sucre raffiné, ou du pain noir si dur qu'ils le faisaient tremper dans du lait et de l'eau pour réussir à le manger. Au préalable, mon arrière-grand-père devait le fendre à la hache.
Cette intelligence était rare à l'époque chez les gens de la région, habitués à considérer les boches comme les ennemis héréditaires. Lorsque ma mère a passé l'oral du CAPES à Paris, elle y a rencontré un jeune homme qui a finement proposé de lui envoyer les résultats lorsqu'ils seraient publiés, pour lui éviter de refaire le voyage. C'est ainsi qu'elle s'est mariée avec un autre professeur d'allemand. Leur combat après la guerre a été le rapprochement franco-allemand à travers le jumelage de villes des deux anciens ennemis. Ma mère est très heureuse aujourd'hui de savoir que sa petite-fille Juliette est fiancée à un jeune Allemand rencontré lors d'une année d'études Erasmus, c'est pour elle le symbole de la réussite de leur combat.
Ma mère a renouvelé son passeport l'année dernière "au cas où" m'a-t-elle dit, elle se fait de nouveaux amis à chaque fois qu'elle prend le train, elle est très fière de ses quatre enfants et de ses onze petits-enfants. Je ne sais pas si elle sait à quel point je suis fière d'elle. Je sais que j'ai hérité de certains de ses défauts (impatience, exigence, un côté bien trop entier parfois qui me rend trop directe quand j'ai quelque chose en travers de la gorge), j'espère que j'ai hérité de la moitié de ses qualités.

jeudi 6 janvier 2011


Juste une petite photo pour vous montrer que mon vase, même s'il vient effectivement de Nancy, n'est pas un Gallé ! Ou alors il était très jeune quand il l'a fait, 5 ans maximum je dirais ;)

mercredi 5 janvier 2011

Juste une petite rectification : il est très lisible en fait mon cadeau de Noël de belle-maman. Plutôt bien écrit, une seule partouze lesbienne jusque là et j'en suis bien à la moitié, rien à dire. Comme quoi les a priori ma bonne dame, il faut s'en méfier.
Il est d'ailleurs beaucoup mieux écrit que la biographie de tante Yvonne qui a tant plu à ma belle-mère, dont le style dénué de grâce est lourdement démonstratif.
Comme quoi d'accord, je suis une fine mouche, mais la Jeannine (toujours ma belle-mère) n'est pas mal non plus ! Et pour une fois, pas besoin de faire malencontreusement tomber son cadeau pour m'en débarrasser à l'insu de mon plein gré, ça me change du vase couleur gadoue déjà mentionné qui est toujours en vie à l'heure où je vous parle. Et non, ne n'est pas lui qui est en photo sinon je serais très riche puisque c'est un Gallé, c'est juste qu'il lui ressemble en plus petit, plus lisse et avec des couleurs criardes. Moche, quoi.