jeudi 19 janvier 2012


En février, nous irons passer une semaine à Cabourg. J'en vois qui lèvent les sourcils, qui se demandent qui peut avoir l'idée d'aller en Normandie en février ? Nous ! Passer une semaine à marcher (même avec des cirés), à regarder quelques bons films emportés tout exprès, à lire sans se forcer à éteindre parce que demain, le réveil sonne... le rêve quoi ! L'an dernier nous sommes allés à Hyères, nous avons trouvé le coin peu enthousiasmant et il a plu. Alors qu'en Normandie, on s'y attend et on n'est même pas à l'abri d'un peu de soleil, on ne sait jamais.
Ma fille aînée et son copain sont allés passés un weekend à Etretat en décembre et ça nous a donné envie d'aller voir par là. Personnellement je marcherai loin du bord de la falaise. Ils ont assisté à la récupération d'une jeune fille tombée du haut et arrivée sur les rochers, bizarrement encore en vie mais certainement fracassée de partout. Déjà que je suis trouillarde et que j'ai passé ma vie à crier "pas trop près du bord !" dès qu'une de mes filles marchait à moins de deux mètres de la moindre falaisounette, je vais faire doublement attention.
Mon cher et tendre en profitera pour relire "L'aiguille creuse", personnellement je ne suis pas fan d'Arsène Lupin. Je ne sais pas encore ce que je prendrai comme livres, n'hésitez pas si vous avez des suggestions de pavés passionnants.
J'essaierai de ne pas perdre de bague, comme je l'ai fait cet été au bord des gorges de l'Ardèche. En même temps ça ne risque pas, je l'ai perdue parce que je l'avais enlevée pour mettre de la crème solaire, elle a dû tomber et je ne l'ai réalisé qu'un peu plus tard. Si vous trouvez un anneau trois ors taille 50 dans ce coin là, c'est le mien. C'est bête, je suis d'habitude assez peu matérialiste et je dis toujours que la perte ou la casse d'un objet est une bonne occasion d'en changer, mais là j'ai pleuré comme une grosse tourte romantique et sentimentale. Il faut dire que c'était ma première bague, je la portais chaque jour depuis peut-être vingt-cinq ans et elle était l'image de "nous" jeunes, à nos début en quelque sorte. Mais bon, il y en a une autre en cours de fabrication pour moi chez un bijoutier (oui ma chère lanfeust55, les petites pattes doivent toujours attendre pour trouver bague à leur taille...), O. trouve que j'ai bien fait de la perdre, ça lui donne l'occasion de renouveler ce qu'il avait fait à l'époque en quelque sorte. Il est mignon c't'homme là, je l'épouserais si je ne me retenais pas.

jeudi 5 janvier 2012

Ouf. Après plusieurs mois d'échanges stériles et de malentendus accumulés, je crois que le point final vient d'être mis à la relation avec celle qui fut mon amie pendant de longues années. Bizarre comme une relation peut se déliter tout à coup, comme on peut passer de la complicité à une incompréhension absolue. Chaque mot écrit est compris de travers, chacune se place dans la position de l'offensée, c'est une spirale dont nous ne sortirons plus. Même si la connaissant, je savais depuis plusieurs années que cela arriverait vraisemblablement un jour.
Alors oui, ouf. Après un dernier mail lu volontairement en diagonale ce matin pour ne pas y trouver encore de motifs d'agacement et de rumination, je pense que ça y est. Comme me l'a dit un de mes amis, peut-être n'y a-t-il finalement jamais eu d'amitié entre nous, sinon nous nous serions réconciliées. Je ne sais pas, et finalement quelle importance ?
C'est le début d'une nouvelle année et même si je ne suis pas adepte des résolutions de début d'année, je vais tourner cette page là et attendre le printemps.

mercredi 21 décembre 2011

Volé au célèbre chat de Philippe Geluck bien sûr
Je suis en vacances ce soir. J'ai un gros rhume. Les deux filles sont à la maison. Il pleut de la neige ou il neige de la flotte. Mon sapin est beau, pour une fois je l'ai trouvé tout de suite sans hésiter, c'était le plus régulier et le plus droit. Normalement mon cher et tendre ne s'énerve que quand il fixe des tringles à rideaux et quand il installe le sapin dans son pied à Noël. Et bien là même pas, fixé en deux minutes, incroyable.
A part ça on s'oriente vers un Noël "normal" dans ma belle-famille, il semble que mes belles-soeurs aient rengainé la kalachnikov. Cette faculté de faire semblant m'étonnera toujours. Mais merveille des merveilles, O. a annoncé qu'il n'était pas du tout sûr qu'on soit là à Noël prochain. Ça fait quand même 24 ans qu'on est coincés le jour de Noël et là il semble qu'une porte s'ouvre. Comme quoi il ne faut pas désespérer. Lui espère qu'on ira aux États-Unis voir notre fille aînée qui devrait y passer l'année prochaine. On verra, mais rien que de savoir qu'il envisage enfin de ne pas être dans sa famille à Noël me remplit de joie.
L'ambiance au boulot était décontractée ces derniers jours, causette, tisanes et gâteaux lors des pauses. Et dans une heure, on ferme ! Alors bonnes fêtes à tous et à toutes et à bientôt sûrement.

mercredi 14 décembre 2011

Quoi de neuf ? Rien à vrai dire. Ou alors du moche peut-être. Un étudiant de 21 ans mort d'une leucémie la semaine dernière. Un qui s'est pendu ce weekend. Oui je sais, je sens que je plombe un peu l'ambiance, excusez-moi.
Sinon on prépare Noël, sonnez hautbois raisonnez musettes. Sauf qu'il pleut avec plein de vent, on se croirait plus à la Toussaint. Sauf que mes belles-soeurs sont en plein psychodrame familial et qu'on ne sait pas trop si on ira dans la belle-famille pour Noël, ou peut-être avec un gilet pare-balles au cas où. Notez bien que ça m'arrangerait plutôt, je ne suis pas folle des réunions familiales si l'ambiance n'y est pas.
Nous avons passé le weekend à Strasbourg chez mon frère aîné, ça m'a fait plaisir. Pas toujours facile de créer des liens avec quelqu'un qui a dix ans de plus et est parti étudier quand vous aviez huit ans, mais il y a des âges de la vie où l'écart s'estompe. C'est un être charmant que j'ai involontairement blessé en choisissant mon autre frère comme témoin à mon mariage. Pas réfléchi une seconde, pas vu que j'avais deux frères, juste pensé à mon frère tellement jumeau malgré ses huit ans de plus que moi, celui qui habite outre-atlantique. La bourde grosse comme une maison qui a dû mettre quelque chose comme quinze ans pour m'apparaître un jour en pleine face.
Sinon ma mère a eu 89 ans lundi. Elle a reçu des mails de ses petits enfants sur son Ipad, oui parce qu'elle a un Ipad. Et bizarrement elle l'adore, j'étais sûre que c'était une très mauvaise idée mais elle l'aime. Merci Steve Jobs. D'ailleurs elle va à Paris demain et va en profiter pour passer dans un Appl*store pour se faire expliquer deux-trois petits trucs, elle a vite compris le concept de ce genre de magasin où on peut tout tripoter en se faisant conseiller si besoin.
Les vacances approchent, les filles vont rentrer à la maison, je vais quand même aller chercher ce foutu sapin, on va manger plein de petites choses délicieuses et on annonce la neige pour la fin de la semaine. De vieux amis doivent venir nous voir après les fêtes, on va refaire quelques pièces de la maison, nous partirons un peu chercher la douceur en février... Alors oui finalement, c'est une période agréable qui s'annonce.

vendredi 2 décembre 2011


Hier, en me promenant d'un blog à l'autre, je suis tombée sur un joli article qui célébrait le charme de Belle-Île-en-Mer. Et ça m'a rappelé à quel point j'ai détesté cet endroit lorsque j'y ai séjourné.
Ce que j'en retiens surtout, c'est l'enfermement. Oui parce que quand on va à Belle-Île-en-Mer avec sa voiture en été, il faut réserver la traversée à l'aller et au retour. Et pour quelqu'un comme moi toujours irrésistiblement attiré par la fuite et le départ impromptu, c'est terrible de se sentir coincé sur ce petit bout de terre où il n'y a rien à faire. Impossible de décider de se barrer n'importe quand, le bateau est complet et il faut attendre la date de retour prévue pour pouvoir fuir. En plus, j'ai trouvé les gens d'un snobisme affligeant et les commerçants peu accueillants.
J'admets que je ne suis pas forcément très objective. Je me souviens très bien de l'endroit où j'étais sur cette foutue île quand d'une seconde à l'autre, je me suis sentie nauséeuse. Ce n'était pas le mal de mer, c'était la gastro morbihannaise. En plus il a fait un temps moyen. Nous étions avec ma sœur , ses trois filles et son mari lui-même accompagné d'un frère flanqué de sa femme. Cette fille adorait l'eau, avait de longs cheveux qui volaient au vent, était sportive et joliment hâlée. Je me suis sentie moche et blanche à-côté d'elle pendant tout le séjour. On se demande bien pourquoi d'ailleurs, je suis en principe au plus fort de mon charme magnétique quand j'ai une gastro. Cette histoire date de longtemps maintenant, mais j'avoue que j'ai dû réprimer un léger sourire quand j'ai appris que cette fille avait complètement pété les plombs depuis. Cette magnifique façade sportive, équilibrée et 100%  bio dissimulait quelque chose de moins idyllique. 
Je me demande bien pourquoi j'écris aujourd'hui ce billet revanchard sur une malheureuse  île qui ne m'a rien fait. Je crois juste que Belle-Île m'était restée en travers quelque part sans que je m'en rende compte.
Ça y est, j'ai craché mon venin, ça va mieux. On va où aux prochaines vacances, à part dans le Morbihan ?

samedi 12 novembre 2011


Pour moi, passer une journée à Paris, c'est comme passer une journée à la campagne pour un Parisien, ça me requinque. Donc jeudi matin, après un sprint pour arriver à choper mon train (6h24, c'est inhumain), me voici dans le TGV. Arrivée à Paris, je ne peux même pas accéder au quai du métro tellement il y a de monde. Normal, il y a des pannes sur la ligne et le trafic est ralenti. Je laisse passer un métro puis applique le principe que ma plus jeune fille nous a enseigné dans le métro de Londres, "on bourrinne". Donc je fais comme les autochtones, je tasse jusqu'à entrer dans la rame et je tiens debout grâce à tous ceux qui m'entourent et m'empêchent de bouger d'un millimètre. La fille devant moi a mangé de l'ail. Quelques stations plus loin, ça se vide très légèrement, juste assez pour qu'un coup de frein brutal entre deux stations me fasse atterrir sur les genoux d'une dame qui semble être Éthiopienne et me sourit lorsque je m'excuse.
Finalement je sors du métro et m'engage dans la rue de mon ministère préféré, où une réunion m'attend. Il fait un temps magnifique, j'aperçois le haut du Panthéon qui se détache sur le ciel bleu. En passant devant le commissariat du 5ème (celui d'Adamsberg dans les Fred Vargas), je vois une fille de la police scientifique en train de chercher des empreintes sur une voiture. Elle a la petite houppette comme dans les polars et applique le même geste circulaire du poignet que dans "Les experts".
Au ministère, le cadre est magnifique mais les toilettes n'ont pas été rénovées depuis les années Giscard au moins. Le ministre ne doit pas utiliser les mêmes que moi. Nous avons droit à un speech du Directeur de je ne sais plus quoi qui nous remercie de notre travail et nous rappelle à quel point les journalistes sont parfois malveillants. Au cas où j'aurais oublié que ces hauts fonctionnaires sont nommés par le gouvernement, ça me revient à la mémoire. Puis la réunion plus technique commence.
Pause de 12h30 à 14h, je déjeune avec ma fille qui habite le quartier. Nous allons dans son QG près du panthéon, une brasserie pleine d'étudiants. Pas loin de nous sont assises deux filles qui semblent sorties de "Gossip girl". La plus frappante est très grande, très mince, très blonde, vêtue d'une mini robe de velours noir à manches courtes. On voit que le lycée Henry IV n'est pas loin, chez moi les lycéennes ou les étudiantes n'ont pas cet air de bourgeoisie assumée. En temps normal ça me hérisse, là je trouve ça exotique.
Retour en réunion l'après-midi, puis ma fille revient m'attendre à 16h et nous nous promenons en papotant. Elle me prend le bras tandis que nous marchons, j'adore ces moments partagés avec elle. En arrivant vers le Châtelet, nous nous arrêtons dans un café pour prendre un verre. Il y a beaucoup de circulation, nous voyons passer une Rolls avec chauffeur, des policiers font la circulation. Mais comme les baies vitrées de notre café nous isolent du bruit, nous regardons ce spectacle dans une tranquillité ouatée.  
Finalement ma fille me met dans le bus, j'arrive en avance à la gare de l'Est où je regarde les quelques boutiques en attendant mon train. Puis nous partons, je m'isole du reste du monde en relisant "Enfance" de Nathalie Sarraute pour la énième fois.


mercredi 9 novembre 2011


Ma voisine d'en face est une carpe. Enfin je veux dire la jeune collègue qui est avec moi le matin. Entendons-nous bien, je n'aime pas les gens trop bavards et j'aime travailler dans le calme. Mais elle, c'est quelque chose. Je crois que c'est parce qu'il ne se passe pas grand-chose dans son cerveau. Encéphalogramme plat, finalement c'est peut-être mieux que le mien qui frisotte parfois. Et puis elle a d'autres problèmes, on ne peut pas tout avoir.
Je crois malheureusement que c'est un dommage collatéral de ce problème cardiaque qu'elle a depuis toujours. A force d'être couvée, personne ne l'a jamais encouragée à se dépasser intellectuellement et elle se contente de végéter en faisant le minimum de boulot. Elle a eu la chance d'être intégrée dans la fonction publique grâce à un dispositif d'aide aux jeunes sans diplôme et elle en profite. C'est un peu triste. Surtout pour elle, parce que je ne peux pas vraiment lui confier de travail intéressant, elle n'a aucune curiosité, fait une faute à chaque mot et ne me dit pas quand elle a terminé, sans doute pour que je ne lui donne rien d'autre. 
En même temps je comprends bien que son enfance n'a pas dû être amusante et que tous les parents n'ont pas la force de caractère de pousser leur enfant à se dépasser, quel que soit son problème. Et je ne porte aucun jugement, ne serait-ce que parce que je ne sais vraiment pas si j'aurais fait mieux.
Mais bon ce n'est pas grave, au moins elle a un travail et peut-être qu'elle évoluera avec le temps. En attendant demain je vais en réunion à Paris, chouette alors, j'adore sortir de mon bocal. Et j'ai la chance que ça se passe tout près de chez ma grande, je pourrai sûrement la voir. 
A part ça mon jeune Congolais m'a demandée en amie sur fac*book, j'ai fait une exception à mon principe de ne jamais accepter d'étudiants et j'ai dit oui. Il passe me voir de temps en temps, c'est sympa. 
Voilà, c'était en direct de Plouc-city la petite vie passionnante d'Hermione au boulot !